Les tentes sèchent au soleil et les tapis ont le droit de bronzer après les pluies de la nuit. Les équipages repartent vers de nouvelles aventures hormis ceux qui rentrent vers leur pays d'origine en raison de panne ou de casse. Le sable et les cailloux ont eu raison des plus expérimentés. Devant nos Gazelles se dressent des dunes de 200 à 250 mètres. Rien à voir avec celles de la veille. Nous entrons dans le vif du sujet. Et un Rallye Aïcha des Gazelles sans dunes, c'est quoi ?
Sur le rallye, des âmes charitables veillent au bon déroulement des opérations. Tel Saïd Ajoulil et sa tente rouge. Au milieu de nulle part, il attend. Pointeur, il est déposé le matin par les ouvreurs et récupéré le soir. Pendant la journée, il reçoit les Gazelles et celles-ci prouvent leur passage auprès de la balise de Saïd. Cela fait 3 ans qu'il accompagne le rallye.
Côté logistique, Abdelatif Regragui travaille depuis 3 ans avec le Rallye Aïcha des Gazelles du Maroc. Le groupe électrogène, les douches, les toilettes et beaucoup d'autres équipements essentiels sont loués par la société pour laquelle il travaille. Il voit dans le rallye une opportunité pour que l'image des marocains soit plus proche de la réalité. "Beaucoup d'étrangers viennent au Maroc avec des idées toutes faites. Le rallye permet aux gens d'avoir une autre vision des marocains sur leur culture, leurs habitudes. De mieux comprendre la différence".
Téméraires les gazelles ! 80% d'entre elles ont choisi la piste des dunes, plus difficile. A croire que les dieux du rallye étaient avec elles, la tempête de sable et la pluie ont rendu la dune idéale pour effectuer l'étape 3. Les vents violents ont remplacé les crêtes par de voluptueux arrondis plus propices à la circulation. Les crêtes acérées peuvent plus facilement couper le franchissement du véhicule. La pluie à quant à elle durci la dune en rendant le sable plus compact.
Aujourd'hui, l'immense masse de sable orange se détache à la perfection d'un ciel clair et limpide. Difficile de réaliser que les gazelles en ont fait leur terrain de jeu. Pourtant, elles assurent en ce moment une double navigation. Elles naviguent dans les vagues de dunes pour trouver leur cap du nord au sud de l'erg doré.
A 23h07, 10 équipages de Gazelles (179, 178, 170, 107, 135, 148, 149, 168, 302) ne sont toujours pas rentrés au bivouac. Les concurrentes dorment dans le désert. certaines dans la dune, certaines sur le parcours classique. Demain soir, dans tous les cas, elles dormiront toutes dans le désert. C'est le début du premier marathon. Les retardataires ont jusqu'à midi pour rejoindre le bivouac, sinon elles seront déclassées.